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L’entraînement chez les enfants est toujours plutôt bien vu lorsqu’on évoque des sports collectifs ou individuels, par exemple le soccer (football), le basket, la natation, le tennis… Mais lorsque l’on commence à évoquer par exemple le renforcement musculaire, certains clichés commencent à ressortir, comme : « ses parents le force à faire ça, car ils veulent en faire un champion… » ou encore « pas de renforcement musculaire, car ça va couper sa croissance, puis il va se blesser, car c’est dangereux… ».

Les points qu’il faut garder en tête c’est :

  1. Ne pensez pas à la pour l’enfant (dans ce cas là). Peut-être que vous pensez qu’il n’aime pas travailler sa motricité, mais qu’en réalité il adore ça. Nous sommes au mois de mars et mon fils de 6 ans me demande déjà tous les jours si je pouvais l’amener faire de l’exercice au parc quand arrivera le printemps…
  2. Il faut toujours garder une grande logique lorsqu’on propose un exercice à un enfant. Comme je dis toujours, je préfère voir un enfant de 5-6 ans qui travaille sa technique de squat à vide (sans poids) qu’un adulte de 24 ans qui commence le squat avec des barres trop lourdes et une pauvre technique dans le but d’épater la galerie. Le premier se prépare à un bel avenir sportif en franchissant les étapes une à une, tandis que le second se prépare à prendre une bonne série de rendez-vous chez le physio…
  3. Point très important, l’enfant ne veut pas travailler, il veut jouer! C’est à nous, parents, éducateurs sportifs, de trouver une bonne combinaison entre travail et jeu pour rendre l’activité ludique.

Comment l’activité physique peut-elle participer au développement psychomoteur de l’enfant?

Une étude intéressant mené en 2001 par Haywood et Getchell, classe le développement moteur de l’enfant en trois stades : le stade initial (2 — 3 ans), le stade intermédiaire (4 — 5 ans) et le stade final (6 — 9 ans). Le stade initial correspond à une période où l’enfant est capable de produire des mouvements avec une amplitude limitée et dispose d’une coordination approximative. Le stade intermédiaire est comme son nom l’indique, une période de transition lors de laquelle l’enfant va progresser en terme coordination et de motricité. Ses mouvements sont de moins en moins approximatifs. Enfin le stade final est celui où l’enfant développe des mouvements plus fluides qui l’amèneront jusqu’à la réussite de l’exécution d’un mouvement spécifique, par exemple un lancer au basket, un coup franc au soccer, ou encore un squat bien exécuter (à noter que squat ne veut pas systématiquement dire barbell squat… À la base il s’agit juste d’un mouvement).

Ces âges ne représentent qu’une moyenne. L’enfant suit chacune de ces étapes, mais à son rythme! Il ne s’agit pas là d’effectuer une planification d’entraînement en se disant juste : « tiens il a 5 ans donc il va être en mesure de faire ça ». Non, ce n’est pas du tout comme cela que ça fonctionne! Il faut s’adapter en conséquence en respectant l’étape de développement que l’enfant est en train de vivre. Il est important ici de garder cette logique et d’être très observateur.

Vous aurez compris que l’activité physique aura un impact sur le développement d’habiletés telles que sa capacité à se déplacer, ou à manipuler des objets, mais également sur l’aspect intellectuel. Les exercices que vous allez lui proposer vont le forcer à s’adapter à la situation, ce qui aura pour but dans son système nerveux central, d’augmenter la connexion entre ses neurones (augmentation de l’arborisation dendritique).

En conclusion, l’entraînement d’un enfant a des répercussions positives sur les bancs d’école également!

Quelques conseils sur les types d’exercices intéressants par rapport au stade de développement.

2 — 3 ans :

  • Jeux à base de lancer et réception de balles, lancer des balles vers une cible.
  • Passer un ballon de différentes façons. Par exemple, en le faisant rouler à terre, en le faisant rouler à terre tout en le faisant passer entre ses jambes (il sera dos à vous).
  • Mettre en place des petits parcours où par exemple, l’enfant devra ramper pour passer sous une chaise, courir pour aller chercher une balle et aller la poser dans un panier.
  • L’amener au parc jouer dans les installations pour enfants avec votre assistance. Il pourra grimper, sauter, glisser, forcer, etc. Et trouver des solutions pour franchir des obstacles.
  • La natation assistée avec petits jeux.

4 — 5 ans :

  • Mettre en place des circuits ludiques avec des mouvements un peu plus difficiles que lors du stade précédent.
  • Circuits à l’aide de cônes, où il devra effectuer un parcours avec des mouvements plus précis sous forme de jeux. Par exemple, marcher sur une petite poutre (équilibre), sauter sur quelque chose, marcher à cloche-pied, courir, etc.
  • Commencer un apprentissage de mouvement polyarticulaire à poids de corps. Par exemple, les monkey bars au parc, des mouvements comme squats, push-ups, gainage… Adaptés à son niveau et son stade de développement PERSONNEL. Mais surtout, sous la supervision d’une personne d’expérience qui maîtrise parfaitement la bonne exécution des techniques de renforcement.
  • Commencer l’apprentissage de mouvements spécifiques. Même s’ils ne seront pas exécutés de façon optimale comme à la fin du stade final, il est intéressant de commencer à insérer les mouvements spécifiques par exemple : la passe, le drible et le tir au basket et au soccer.
  • La natation avec des mouvements se rapprochant de la nage.

6 — 9 ans :

  • Mise en place de circuits avec mouvements spécifiques dans le but d’optimiser les capacités locomotrices générales de l’enfant, ou orientées vers les besoins de son sport. Par exemple, enchaînement d’exercices de sauts, sprints, déplacements spécifiques (appuis latéraux, ramper…), et intégration d’exercices de plyométrie (sauts alternés sur un petit banc, appuis décalés dans des cerceaux, etc.).
  • Paufinement des mouvements polyarticulaires (squat, lunges, etc.), avec un possible ajout de petites charges, à condition de garder un contrôle total du mouvement.
  • Développer les mouvements spécifiques sportifs de la façon la plus optimale, car c’est une période où ils sont assimilés avec plus de facilité et deviennent des automatismes. Par exemple, travailler l’aspect ambidextre au basket, une propre technique de tir, le maniement de balle, etc.
  • La natation en diversifiant les techniques de nage.

 

PRÉCISION!!!

Lorsque je parle d’exercice de renforcement et d’adaptation logique au stade de développement traversé par l’enfant. Il est important de noter que chaque exercice comprend des progressions et régressions. Ici, à moins d’avoir à faire à un enfant hors normes, nous serons plus intéressés par les régressions qui sont en fait des mouvements facilités, voici quelques exemples :

  • Push-ups = push-ups avec les genoux au sol, push-ups avec les mains contre une rampe ou encore contre le mur…
  • Squat = effectuer son squat en s’asseyant sur un banc, ou encore en se tenant à un poteau…
  • Gainage (plank) = gainage avec les genoux au sol.

Bref… Comme pour les adultes, toujours agir de façon à adapter les exercices aux capacités de l’enfant.

Les règles d’or :

  1. L’enfant veut jouer, pas travailler!
  2. S’adapter aux besoins de l’enfant selon son stade de développement.
  3. Lui donner l’envie de bouger/s’entraîner par l’exemple. Les enfants veulent faire comme papa et maman…
  4. Ne pas s’improviser préparateur physique ou éducateur sportif. Si vous avez peu de compétences… Faites des choses simples. Si vous voulez quelque chose d’optimal pour votre enfant, faites appel à un professionnel. Il y a des clubs sportifs, des gyms pour enfants et des entraîneurs privés prêts à vous offrir leurs services.

 

Rémy CANO